Sati et Vipassana (1)

Dhiravamsa - La voie du non-attachement

La contemplation


L’observation réelle de ce qui se passe dans l’instant présent requiert une attention soutenue, sans quoi voyant une chose ou une autre vous vous dissipez. Vous la regardez et vous vous dites “Je la vois”. Ce qui se passe en réalité, c’est que vous ne voyez pas vraiment mais vous pensez à elle. Ainsi si vous êtes en train de pleurer et que vous vous dites “J’observe le fait de pleurer, je pleure”. Il y a en vous dualité ; un moi qui pleure, l’autre qui observe et cela engendre de la confusion. Quand il y a dualité, il n’y a plus observation mais réflexion sur un fait.


Pourquoi la dualité est-elle un problème ? Car on introduit encore une notion de “je”. L’objectif de l’attention dans la méditation bouddhiste n’est pas de renforcer l’égo c’est à dire ‘image que l’on se fait de soi-même mais de “passer derrière” pour découvrir ce qui n’est pas conditionné. La dualité est un premier pas de l’attention (c’est mieux que d’être parti dans l’histoire sans aucun recul) mais c’est une phase qu’il faut dépasser pour arriver dans l’observation nue.


L’attention est indispensable pour méditer. Commencez par observer quelque chose que vous aurez préalablement choisi, par exemple le va et vient du souffle. Concentrez votre attention, non pas sur le corps qui respire mais sur le mouvement qui dure, dure jusqu’à la mort. Observer le mouvement c’est lui donner son attention de telle sorte que si une pensée, une sensation ou une émotion se lève, vous la remarquiez immédiatement et sans que votre attention se dissipe. La question qui se pose est de savoir si l’on peut observer avec une attention soutenue n’importe quoi se levant dans le champ de la conscience sans y réagir ?


Qu’est ce que ce mécanisme de réaction ? Quand on réagit à quelque chose cela veut dire qu’on est pris dedans et qu’on se met à l’interpréter. De fait, on se perd dans les pensées et on oublie complètement le va et vient du souffle. On peut se demander ce qui nous pousse à réagir. Assurément le plaisir de suivre des pensées, l’esprit qui s’ennuie de rester à observer le va et vient du souffle et qui bondit sur l’occasion. Allez-vous lui céder ? Lorsque l’ennui vous gagne, observez résolument ce fait. Une fois qu’on a découvert la raison cachée de ses réactions, on commence à pouvoir agir sur les évènements. L’action, à l’inverse de la réaction, ne se conforme pas à des idées : elle surgit grâce à la clarté qui est une qualité primordiale à l’obtention de l’observation soutenue. Peut-être qu’avec elle y a t-il encore des moments de dissipation mais cela est sans gravité, l'important étant de persister dans l’observation des faits.

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