SATI - Conscience de la présence - Présence de la conscience

Exposé du 24 septembre 2018

D'après un texte de Bikkhu Bodhi tiré de “Le noble octuple sentier - La voie vers la fin de la souffrance”


      La vérité ultime, le Dhamma, n’est pas quelque chose de lointain et de mystérieux, c’est la vérité de notre propre expérience. On ne peut l’atteindre qu’en comprenant notre expérience, en la pénétrant jusque dans ses fondements. Cette vérité, pour qu’elle devienne libératrice, doit être connue directement. Il ne suffit pas de l’accepter sur la base de la foi, d’y croire seulement du fait de l’autorité d’un livre ou d’un enseignant, ou d’y croire intellectuellement à cause de nos déductions et de nos raisonnements. Cette vérité doit être révélée par le regard intérieur, saisie et intégrée par une sorte de connaissance qui est aussi une rencontre immédiate avec l’expérience.


     Ce qui amène le champ de l’expérience à la lumière et le rend accessible au regard intérieur, c’est une faculté de l’esprit appelée en pāli sati, généralement traduite par « attention » ou « pleine conscience ». L’esprit est maintenu délibérément à un niveau d’attention pure, une observation détachée de ce qui arrive en nous et autour de nous dans l’instant présent. Dans la pratique de Sati, l’esprit est entraîné à se maintenir dans l’instant présent, ouvert, tranquille et alerte, contemplant ce qui se présente. Tout le processus est une manière de rester au présent, ici et maintenant, sans partir, sans être entraîné au loin par le flux des pensées vagabondes.


     Nous pouvons penser que nous sommes toujours attentifs au présent mais c’est un mirage. En réalité, nous sommes rarement vraiment attentifs au présent à la manière de faire de Sati. Dans la conscience ordinaire, l’esprit commence un processus cognitif avec des impressions liées au présent mais il ne reste pas avec l’expérience. Il utilise l’impression immédiate comme tremplin pour construire des blocs de fabrications mentales qui l’éloignent du simple état de faits. Le processus cognitif est généralement plein d’interprétations. L’esprit ne perçoit que très brièvement son objet avant de conceptualiser. l’esprit positionne des concepts, les regroupe pour en faire des constructions – des ensembles de concepts qui se fortifient l’un l’autre - et il les mêle ensuite en des schémas complexes d’interprétation.


     Mais les élaborations ne sont pas seulement un écran à la connaissance, elles servent aussi de base aux projections. L’esprit faussé, emprisonné dans l’ignorance, projette ses propres constructions à l’extérieur, les attribuant à l’objet comme si elles lui appartenaient vraiment. Le résultat est que ce que nous croyons être l’objet final de connaissance, ce que nous utilisons comme base de nos valeurs, de nos plans et de nos actions, est en fait un produit dénaturé. Certes, le produit n’est pas pure illusion ; il n’est pas uniquement imagination. Il prend ce qui est donné dans l’expérience immédiate comme base et matière première mais inclut autre chose : les rajouts fabriqués par l’esprit.


      La tâche de la pleine conscience est de nettoyer le champ de connaissance.. Elle révèle l’objet tel qu’il est, avant qu’il ait été recouvert par la peinture conceptuelle et tapissé par les interprétations. La pratique de Sati n’est donc pas tant de faire que de défaire : ne pas penser, ne pas juger, ne pas associer, ne pas planifier, ne pas imaginer, ne pas espérer. Tous ces « faire » sont des formes d’interférences, des manières qu’a l’esprit de manipuler l’expérience et d’essayer d’établir sa domination. La pleine conscience défait les nœuds et les confusions de ces « faire » par le simple fait de noter.


      Sati exerce une puissante fonction d’enracinement. Elle ancre l’esprit avec sûreté dans le présent, pour qu’il ne flotte pas dans le passé et dans le futur avec les souvenirs, les regrets, les peurs et les espoirs.

      Sati facilite la réalisation de la sérénité et de la vision intérieure (Vipassana).


*****

Exercice pratique sur la vision de la statuette du Bouddha placée au centre de la pièce. Chacun le regarde et va constater le flux de pensées et de mots qui nous a très vite éloigné de la vision directe sans concept. Chacun ferme les yeux et identifie ce qui à coupé cette vision directe, de quoi était constitué ce flux de pensées. Ensuite, on ouvre les yeux de nouveau sur cette statuette, mais cette fois, on peut couper ce qui avait fait obstacle parce qu’on à été capable de l’identifier une fois, même si c’était a posteriori. Avec de l’entrainement, on pourra identifier plus tôt ce flux et le stopper. C’est Sati qui permet ceci.


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