Les 4 Nobles Vérités II

Soirée du 5 mars 2018


Le premier enseignement du Bouddha traite donc de Duhkha et est divisé en deux parties : - Le problème et sa cause (1ere et 2ème nobles vérités) - La solution et sa cause (3ème et 4ème nobles vérités)

C'est un traité en deux parties où l'on part de la conséquence (de la constatation, de l'expérience vécue, du phénomène perçu) pour remonter à sa cause. Ce discours est symptomatique de la démarche proposée par le Bouddha : s'intéresser aux phénomènes (dharma avec un d minuscule) qui, parce qu'ils sont ordonnés en série phénoménale conditionnée, révèlent le Dharma (avec un D majuscule qui signifie ordre du monde ou réalité telle qu'elle est).


1ère Noble Vérité

Voici ô bhikkhu, la Noble Vérité de dukkha: La naissance est dukkha, la vieillesse est  dukkha, la maladie est dukkha, la mort est dukkha, être uni à ce que l'on n'aime pas ou ce qui déplaît est dukkha, être séparé de ce que l'on aime ou de ce qui plait est dukkha, ne pas obtenir ce que l'on désire est aussi dukkha. En bref, les cinq agrégats d'attachement sont dukkha.

    Remarque : dukkha (en langue pali) ou Duhkha (en langue sanskrite)    Naissance : signifie en sanskrit processus de la conception à l'accouchement. On doit le traduire par processus de croissance    Vieillesse :  processus de  décroissance  Maladie : événement qui interrompt la croissance qui engendre le processus de décroissance     Mort : événement qui interrompt le processus de décroissance et engendre le processus de croissance. (Dans cette conception, la mort est un problème non pas parce qu’elle met fin à la vie mais parce qu'elle donne naissance à la vie. Elle est suivie par autre processus de génération (existences successives))

La 1ère noble vérité dit qu’il y a un enchaînement incessant de phénomènes non durables (que l'on traduit comme impermanents). Et c'est cette non durabilité qui est duhkha.


2ème  Noble Vérité

Voici, ô bhikkhu, la Noble Vérité dite l’origine de dukkha: C'est la "soif" liée au plaisir et à la convoitise qui produit les renaissances. Elle fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit c'est la soif tendue vers les plaisirs des sens, la soif de l'existence ou du devenir et la soif de la non-existence et de l’annihilation.

   Soif : le mot sanskrit signifie torride torréfié, desséché à mort. Il s'agit d'une soif intense, existentielle ou désir de :     - la soif de la non-existence et de l’annihilation : la non existence d’une réalité que je refuse car elle ne correspond pas à mon désir (être uni à ce que l'on n'aime pas ou ce qui déplaît est dukkha)     - la soif de l'existence ou du devenir  : l’existence d’un plaisir que je veux  voir continuer et ne pas disparaître (être séparé de ce que l'on aime ou de ce qui plait est dukkha)

   Ce qui est agréable (que j'aime, que je désire) est agréable pour moi  (ma vision du monde est plus importante que le monde tel qu’il est).    Le problème ne vient pas du monde mais de la pensée passionnée qui interprète le monde et  façonne une image en vue de me donner du plaisir.  Le problème est donc que l'on désire et non pas ce que l'on désire. la cause de duhkha n'est pas le monde qui est neutre mais le désir que j’ai vis-à-vis du monde. Aucune chose n’est désirable en soi. C’est mon désir qui la rend désirable.    La soif de mon plaisir => LE DÉSIR DE MON PLAISIR

Si on veut comprendre le désir il faut s’interroger sur la question du moi qui fonde le désir. Moi et le monde sont liés : tout ce qui n’est pas moi est le monde. Et qu'est ce que le moi ? Le Bouddha répond : en résumé les 5 agrégats d’attachement sont duḥkha

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