Les 3 caractéristiques (2) : Dukkha

Soirée du 16 janvier

Bouddha lors de son premier enseignement dit sermon de Bénarès ou soutra de la mise en route de la roue du Dharma, juste après l’éveil a enseigné ce qui est le coeur de tout le Dharma, c’est à dire les 4 nobles vérités ou vérités des nobles. En résumé :

- Dukkha est une réalité

- Dukkha a une origine

- On peut mettre fin à Dukkha

- Il existe une voie pour mettre fin à Dukkha

Le plus court des enseignements du Dharma fait par le Bouddha lui-même est celui-ci : “Je n’enseigne que deux choses : Dukkha et la cessation de Dukkha”.

Tous les phénomènes conditionnés comportent Dukkha comme caractéristique. Or, tout est conditionné. Je vous laisse essayer de trouver une seule chose qui n’est pas conditionnée… Comprendre la 1ère vérité, c’est comprendre la nature de Dukkha et réciproquement. Comprendre la nature de Dhukkha, c’est comprendre le fonctionnement du mental, du “je”, de l’ego.

Dukkha n'est pas la douleur, c'est la souffrance ajoutée à la douleur. Comme dit à peu près le Bouddha "Si le destin vous plante une 1ère flèche, ne vous en plantez pas une 2ème vous-même". La douleur est un phénomène indépendant de la volonté et inéluctable. La souffrance est surajoutée.

Dukkha est un fait selon la 1ère vérité des nobles. Souvent traduit par souffrance, la signification de ce terme est bien plus vaste. Elle va du simple inconfort de « mon café est trop chaud » à la souffrance de la perte d’un être cher. La douleur est une sensation bien réelle comme quand on marche pied nu sur un objet pointu ou coupant, la souffrance est ce que l’on ajoute, qu’on surajoute, l’histoire que l’on se raconte autour de la douleur. C’est la 2ème flèche qu’on se plante soi-même en plus de celle que l’on a déjà reçue.

Il y a deux manières de voir le monde. Soit je considère que « MON » monde est « LE » monde. Et quand tout ne va pas comme je veux dans « le » monde, je souffre parce que les choses ne sont pas conformes à « mon » monde et ne sont pas comme je le veux. Quand je veux faire du vélo dans « mon » monde et qu’il pleut dans « le » monde, alors je souffre. La pluie ne fait que tomber, c’est simplement sa nature, elle n’a aucune intention de me nuire et de me gâcher ma journée. « Il pleut, çà m’énerve ». Non, la pluie, çà tombe, çà ne sait pas énerver quelqu’un. C’est moi qui m’énerve tout seul. La souffrance, c’est l’histoire que l’on se raconte avec ce décalage entre « mon » monde et « le » monde tel qu’il est dans la réalité.

Quelle est l’origine de Dukkha ?

Dans la chaîne de la coproduction conditionnée que nous verrons plus tard, l’origine du cycle des renaissances est l’ignorance. En version très résumée, dans cette chaîne, l’ignorance conduit à créer du karma qui conduit à créer des contacts sensoriels, qui créent du désir, qui crée de l’avidité, qui crée le devenir, qui crée la maladie, la vieillesse, la mort et la renaissance dans l'ignorance et le cycle continue… et (je cite à peu près) tout cela crée tout un monceau de Dukkha.

L’ignorance (avijja en pali) dont il est fait mention ici n’est pas le manque de savoir ou de connaissance, c’est le fait de ne pas voir les choses telles qu’elles sont, ne pas voir leur véritable nature, c’est à dire avec leurs trois caractéristiques Dukkha, Anicca et Anatta. La sagesse développée en méditation et par Vipassana, la vision pénétrante ou discriminante entraîne à lever cette ignorance, ce voile pour voir les choses telles qu’elles sont et non telles qu’on croit qu’elles sont.

Alors, si je vis dans « le » monde, “mon” monde accepte la pluie et génère pas ou peu de souffrance. La pluie est un exemple, mais il en est de même pour tous les événements. Accepter « le » monde, c’est accepter, c’est comprendre la différence entre la douleur et la souffrance. La douleur est un fait, elle fait partie du monde tel qu’il est et qu’il faut prendre tel qu’il est. La souffrance, c’est « mon » monde et juste « mon » monde. Se délivrer de la souffrance est d’abord reconnaître ce qu’elle est, une construction de « mon » monde, puis apprendre à comprendre la réalité des choses telles qu’elles sont, parfois douloureuses, parfois agréables et qu’il suffit d’apprendre à vivre pleinement ce qu’elles sont sans rien y rajouter.

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