La troisième Noble Vérité : il y a la cessation de la souffrance

D'après Ajahn Sumedho


LA VÉRITÉ DE L’IMPERMANENCE

Quand le Bouddha délivra son enseignement sur les Quatre Nobles Vérités, un seul des cinq disciples présents comprit vraiment, rien qu’un seul eut une réalisation profonde. Les quatre autres furent impressionnés et pensèrent qu’il s’agissait là d’un enseignement très intéressant, mais seulement l’un d’entre eux, Kondañña, fut en mesure de comprendre exactement ce que le Bouddha leur exposait. A la fin, le Bouddha prononça les mots « Añña Kondañña ». Añña ayant le sens de « connaissance profonde », añña Kondañña signifie donc Kondañña, celui qui comprend.


Toute chose qui est apparue doit également disparaître

Qu’est-ce que Kondañña avait donc compris ? Quelle était cette connaissance profonde dont le Bouddha fit l’éloge à la conclusion de son discours ? C’était que toute chose qui est apparue doit également disparaître. Au premier abord, cela ne semble pas être une connaissance particulièrement hors du commun, mais pourtant, cela implique en réalité la compréhension d’une loi universelle : tout ce qui a pour nature d’apparaître a pour nature de disparaître – en d’autres termes, on parle de quelque chose d'impermanent et dénué de substance… Si vous voulez souffrir et gaspiller votre vie, investissez votre temps et votre énergie à poursuivre des choses qui possèdent un début, un commencement. Elles vous conduiront immanquablement à la fin, à la cessation et vous ne serez pas plus sages au bout du compte. Vous continuerez à tourner en rond, esclave des mêmes vieilles habitudes et quand viendra le terme de votre existence, vous n’aurez rien appris de vraiment important.


Ne cherchez pas à prendre refuge dans ce qui apparaît ... et va disparaître

Par conséquent, ne vous y attachez pas, ne vous laissez pas duper par ce qui survient et passe. Ne cherchez pas à prendre refuge – refuge que vous voulez fiable et durable – dans quoi que ce soit qui a pour nature d’apparaître… car cela est également de nature à disparaître. Plutôt que de vous contenter d’y penser, contemplez profondément la loi qui suit : « Toute chose dont la nature est d’apparaître est également de nature à disparaître. » Cherchez à comprendre comment cela peut s’appliquer à la vie en général, à votre expérience vécue et vous commencerez à voir. Contentez-vous de noter : commencement… fin. Contemplez la nature des choses. C’est seulement ça, le monde des sens : des choses qui commencent et qui cessent, qui ont un début et une fin. La compréhension juste, est possible au cours de cette vie même. Je ne sais pas combien de temps Kondañña vécut après ce premier enseignement du Bouddha, mais, à ce moment du discours, il réalisa l’Eveil. A cet instant précis, il eut la compréhension profonde.


Ne pas perfectionner une méthode mais développer une façon de contempler

J’aimerais mettre l’accent sur le fait qu’il est important de développer cette façon de contempler. Plutôt que de vous contenter de perfectionner une méthode visant à apaiser votre esprit – ce qui représente indubitablement un aspect de la pratique – cherchez à percevoir la méditation correcte comme un engagement à explorer, à enquêter avec sagesse. Cela demande l’effort courageux de regarder les choses en profondeur, sans verser dans l’auto-analyse ni établir de jugement au niveau personnel sur les raisons de votre souffrance, mais en vous engageant à vraiment cultiver la voie jusqu’à ce que vienne la compréhension profonde. Cette connaissance parfaite résulte de l’appréciation de ce schéma universel du début et de la fin. Une fois que cette loi est comprise en profondeur, on voit que toute chose lui est assujettie.

Tout ce qui est de nature à apparaître est de nature à disparaître : il ne s’agit pas là d’un enseignement métaphysique. Cela n’a pas pour but de décrire la réalité ultime – la réalité au-delà de la mort. Mais, si vous comprenez en profondeur et êtes complètement conscient que toute chose dotée d’un début possède une fin, alors vous réaliserez la réalité ultime, la vérité éternelle, immortelle. Ce dont nous parlons, donc, constitue un moyen habile pour arriver à cette réalisation ultime.

Notez bien la différence, ce n’est pas une formule métaphysique, mais une formule qui peut vous guider jusqu’à la réalisation métaphysique.

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