la bataille intérieure

Extrait d'un texte d'Upasika Kee Nanayon tiré de "Pure et Simple" traduit par Jeanne Schut.

Présenté le lundi 10 décembre 2018


Quand nous développons l’attention en tant qu’outil fondamental pour permettre d’explorer la vérité qui est en nous, il faut appliquer un niveau d’effort et de persévérance proportionnel à la tâche. En effet, comme nous le savons tous, l’esprit est obscurci par d’épaisses couches de pollutions et de poisons mentaux. Si nous ne l’entraînons pas, si nous ne l’encourageons pas régulièrement, il s’affaiblira et se relâchera. Il n’aura pas la force nécessaire. La persévérance doit donc être toujours plus soutenue pour que l’investigation profonde puisse traverser les obstacles jusqu’à obtenir une claire vision pénétrante de toute chose.


La claire vision pénétrante n’est pas le fruit de la pensée spéculative mais d’un examen profond du fonctionnement de l’esprit quand celui-ci est parvenu à se centrer à un niveau adéquat de calme et de stabilité. Il est possible d’observer en profondeur chaque aspect de l’esprit quand il est neutre et calme, libre de toute pensée ou de l’attirance et de l’aversion que provoquent les pensées. Il est important de maintenir cet état d’esprit et, en même temps, de fouiller profondément en lui car une connaissance superficielle n’est pas une véritable connaissance. Tant que vous n’aurez pas examiné l’esprit en profondeur, vous ne saurez rien. L’esprit peut paraître calme extérieurement, mais, à ce niveau-là, vous ne pourrez pas avoir une claire vision de la façon dont l’esprit vagabonde sous l’influence des pollutions mentales, du désir et de l’attachement.


Vous devez donc essayer d’examiner votre esprit jusqu’à atteindre un niveau de conscience qui se maintienne en équilibre et vous permette de continuer à contempler les choses jusqu’à en obtenir une compréhension parfaitement nette. Si vous ne contemplez pas jusqu’à ce qu’une véritable connaissance apparaisse, votre attention restera à la surface des choses.


En étant vigilant, en ne vous laissant pas distraire par les objets extérieurs, vous faciliterez votre pratique. Cela vous permettra d’examiner correctement les parasites de l’esprit, de façon à pouvoir en éliminer les plus subtils : l’ignorance de ce qui est, la compréhension erronée des choses. En temps normal, nous ne sommes pas pleinement conscients des parasites les plus évidents mais, maintenant que ceux-là sont désactivés grâce à la solide concentration de l’esprit, nous pouvons fouiller plus profondément pour avoir un aperçu de la façon dont le désir et les pollutions mentales nous trompent à chaque fois qu’ils entrent en action. Si nous les observons et apprenons à les reconnaître, nous serons en mesure de les lâcher dès qu’ils seront en quête d’objets agréables à voir, de sons plaisants, d’odeurs ou de saveurs alléchantes. Qu’ils soient en quête de plaisirs physiques ou mentaux, nous devons les connaître sous toutes leurs formes, même si ce n’est pas facile du fait de notre perpétuelle recherche de gratification sensorielle. Nos désirs de bonheur – de même que toutes nos perceptions, nos pensées et nos états de conscience imprégnés de sensations agréables – ne sont rien d’autre que des désirs pour des illusions, pour des choses qui nous captivent et nous distraient. Le résultat en est qu’il ne nous est guère facile d’y comprendre quelque chose.


Par conséquent, vous devez veiller à ne pas trop forcer la pratique, sans pour autant la relâcher trop non plus. Trouvez la Voie du Milieu qui est parfaitement juste. Tandis que vous pratiquez ainsi, vous pourrez voir à quoi ressemble l’esprit quand il est guidé par l’attention et la sagesse et, à ce moment-là, vous ferez l’effort de le maintenir dans cet état en continu. C’est alors que l’esprit aura l’occasion de s’arrêter et d’être immobile, stable et centré, pendant de longues périodes jusqu’à ce que cet état lui soit devenu habituel.

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