Intersaison Printemps – Eté


Intersaison printemps - été papillon rouge
Intersaison printemps - été papillon rouge

Intersaison

L’intersaison est une période assez courte (15 à 18 jours, sauf entre l’été et l’automne plus longue) qui se situe entre 2 grandes saisons. Elle effectue la transition entre « ce qui n’est plus » et « ce qui n’est pas encore". Un « entre-deux ».


Cette phase charnière permet d’une part de stabiliser les énergies Yin et Yang propres à chaque saison, d’autre part, le passage d’une expression énergétique à une autre.

Autrement dit, c’est un moment à la fois d’immobilisation, d’introspection, d’enracinement Et une préparation à l’accueillir l’énergie propre à la saison à venir.


L’intersaison, liée à l’élément Terre qui représente notre centre, nous invite donc à dans un premier temps à « digérer » les expériences vécues lors des derniers mois écoulés avec une énergie Yang en puissance au printemps. C’est l’occasion pour nous de se poser, de faire un mini-bilan pour pouvoir, dans un second temps, se projeter dans la nouvelle saison, l’été, associée à l’élément Feu avec un Yang à son maximum marqué par la notion d’intensité ( l’été est la saison de la chaleur, du mouvement, de l’action, de l’épanouissement de la nature…)

La notion d’intensité en Yin Yoga

Cette notion d’intensité peut paraître surprenante associée à la pratique du Yin Yoga dont on dit qu’il est un yoga doux et méditatif, ce qui est vrai. Pourtant, cette notion existe bel et bien, même si elle prend des formes différentes de celles rencontrées dans les pratiques de yoga dynamiques.

1. La durée dans les postures :

L’un des principes fondamentaux en Yin Yoga est la durée : chaque posture de vit en moyenne entre 3 et 5 min. Cela peut paraître long malgré l’apparente simplicité des postures.

Mais s’installer dans la durée est nécessaire pour pouvoir faire travailler en profondeur des tissus habituellement moins sollicités que les gros muscles superficiels : les tendons, les ligaments, les fascias...Ces tissus ont besoin de temps (et aussi d’immobilité) pour pouvoir s’étirer progressivement, conserver leur souplesse et être mieux hydratés.

Vous l’aurez compris : avec le Yin Yoga, le vrai « défi » à relever n’est pas dans le fait d’aller loin dans la posture : il est plutôt d’aller loin dans le temps car c’est bien souvent avec la durée que vient l’intensité.


2. les ressentis physico-émotionnels :

Explorer la notion d’intensité, en lien avec celle de la durée dans la posture, c’est aussi se mettre à la fine écoute de ses ressentis physiques et émotionnels.

Avec cette invitation à trouver son point d'équilibre dans la posture entre le "ni trop, ni trop peu", entre "l'apprécier" le temps nécessaire et vouloir "tenir jusqu'au bout".

Et sans cesse revenir vers soi pour se questionner :

  • comment cette intensité se traduit-elle dans mon corps ? Est-ce que je ressens une sensation plus vive d’étirement, de chaleur, de picotements, de l’inconfort, une respiration plus courte, des battements de coeur plus vifs…

  • comment s’exprime-t-elle au niveau émotionnel ? De l’agacement, de l’impatience, une envie de passer à une autre posture ou contre toute attente, une détente qu’on espérait pas…

Bref : comment vivez-vous cette posture ? Car en Yin Yoga, il s’agit moins de prendre une posture que de la vivre , la sentir pour mieux se connaître.

3. la relation entre Tension et Intensité :

En Yin Yoga, on parle de « tension » et de « compression » pour qualifier les forces opposées qui s’installent lorsque nous entrons dans une posture.

La tension se produit quand les tissus corporels ne peuvent plus s’allonger. Le mouvement se fait moins ample, mais avec une pratique régulière, il est possible de gagner en amplitude (jusqu’à un certain point) et de vivre la posture plus intensément.

De manière schématique, on peut dire qu’une tension est un étirement et une compression un froissement.

Mais une tension peut aussi être le résultat de nos résistances, et pas seulement physiques. Elle entre alors en conflit avec la notion d’intensité qui elle peut nous ouvrir la voie au « lâcher-prise », au « laisser-partir », ce que les Chinois appellent le « Wu-Wei », le non-agir qui ne signifie pas ne rien faire mais plutôt « laisser-faire » pour « laisser-être ».

En effet, très souvent, les réactions « intenses » qu’on peut ressentir dans une posture (surtout si elle ne nous est pas familière) ne sont en fait que les conséquences de nos tensions physiques et émotionnelles.

Au lieu de se laisser progressivement « accueillir » par la posture, on entre assez vite en mode « conflit », « résistance »avec elle. Au lieu d’entrer progressivement dans l’intensité de la posture pour voir ce qu’elle dit de nous, on crée des tensions supplémentaires qui viennent nous distraire de notre recherche.

Pourtant, ce n’est qu’une fois qu’on aura relâché les tensions qu’on pourra se plonger dans l’intensité de la posture, y trouver son chemin d’observation et de compréhension de soi-même. C’est en cela que le Yin Yoga est un yoga méditatif.

Comment faire pour basculer de la tension dans la posture à l’intensité de la posture ?

Il s’agit de se relier continûment à son Souffle pour demeurer dans « l’ici et maintenant de la posture» et alors sentir la pulsation de la vie en soi, précisément celle qui sera à l’oeuvre au cours de la saison prochaine, l’été.