Intersaison « L’énergie assise »


Bouddhas en assise
Bouddhas en assise

Les bienfaits de la posture assise.

La posture assise, accordée à l’élément Terre, engendre la stabilité, l’ancrage et la lucidité.

Elle recentre et harmonise toutes les fonctions de l’être.

Elle nous permet de reprendre notre souffle, de faire une pause dans nos vies agitées et surtout elle nous régénère.


L’assise est le but de tout travail postural. Ses bienfaits sont multiples :

  • Abaisser le centre de gravité du corps, ce qui rend la posture sécurisante.

  • Redresser la colonne vertébrale, notre « arbre de vie », supporté par le bassin qui devient le pivot dont va dépendre toute la statique du corps.

  • Prendre conscience du corps de l’énergie grâce à la respiration.

  • Harmoniser Muladhara chakra (chakra racine) qui correspond à la Terre et qui possède les qualités de stabilité et de cohésion.

  • Instaurer le calme mental qui donne accès à la méditation.

« L’assise est un repos vigilant de tout le corps » Boris Tatsky.


Pour que l’assise soit vécue le plus confortableemnt possible, surtout si elle doit s’installer dans la durée, il est nécessaire de prendre quelques précautions.

  1. Protéger les genoux : fléchir d’abord la jambe pour amener le talon vers la fesse, genou près de l’épaule puis, genou fléchi, ouvrir la hanche pour descendre le genou sur le côté. Ne pas vouloir à tout prix réaliser la posture du lotus ni même du demi-lotus si les hanches sont trop résistantes.

  2. Protéger les chevilles dans leur partie externe par un petit support.

  3. Surélever le bassin avec un coussin ou un autre support adapté.

Important : veiller à la bonne position du bassin et de la colonne vertébrale. (Patrick Tomatis)

« la colonne vertébrale va devoir s’ériger vers le haut en trouvant son axe d’équilibre. Elle ne peut le faire vraiment qu’en fonction de la position adéquate du socle sur lequel elle s’appuie, à savoir le bassin.


Assise méditative
L'énergie assise

La colonne vertébrale va se redresser sous l’action des muscles érecteurs spinaux, c’est-à-dire des muscles profonds attachés à la colonne elle-même.

  1. Ce redressement va créer une force s’exerçant vers le bas qui sera transmise au sol par l’intermédiaire des ischions et occasionnera une contre-réaction de bas en haut dont la colonne vertébrale bénéficiera pour accroître son étirement vertical.

  2. La colonne se redresse, ses courbures s’atténuent, les deux ischions repoussent le sol ou le support sur lequel ils reposent.

  3. Le bassin va dans le sens de la rétroversion sans toutefois rouler en arrière, au risque de voir le dos s’effondrer et de devoir lutter contre cette tendance en maintenant l’antéversion du bassin par une contraction du carré des lombes et des psoasiliaques. L’antéversion prononcée interdit ainsi toute possibilité d’exercer une pression des ischions sur le support, ce qui exige de fournir des efforts plus importants pour tenir le redressement de la colonne. »

En résumé, il faudra veiller

  • à la légère rétroversion du bassin

  • à enfoncer les ischions sur le sol ou le support

  • à placer les genoux sur le sol

« L’équilibre et la fermeté du socle sont installés et la colonne vertébrale peut enfin vivre sa position verticale, dans un effort justement posé ».

La bonne position de la ceinture scapulaire et des bras : vers l’ouverture de la ceinture scapulaire.


- laisser tomber les épaules et les omoplates

- placer le dos des mains sur les cuisses

- positionner les coudes à l’aplomb des épaules voire lègèrement en arrière

- éloigner la base de l’occiput de la ligne des épaules afin que la nuque, légèrement en recul, puisse continuer à s’ériger vers le ciel.

Le rôle de la respiration : vivre une respiration la plus ample et la plus régulière possible.


Chercher à installer correctement et dans l’effort juste une respiration complète (inspiration basse, médiane, haute - expiration qui se veut le relâchement des muscles inspirateurs précédemment contractés).

Conclusion :

« Sthira » : Asana : assise / ferme, stable, immobile / « Sukha » : confortable, à l’aise.


« Ces deux valeurs désignent l’état physique et aussi l’attitude mentale qui prévalent dans l’assise. Il s’agit donc de demeurer fermement immobile mais dans un corps à l’aise, confortable. L’attention, la vigilance demeurent constantes mais en même temps le mental lâche-prise : il s’agit d’une vigilance sans tension. Réaliser cela, c’est déjà méditer. Rester immobile et en détente permanente, vigilant d’instant en instant, calme et en paix. Il n’est pas nécessaire d’y ajouter ou d’y retrancher quoi que ce soit, cette attitude limpide mène au coeur de l’expérience intérieure de la méditation. Mais la simplicité n’est pas toujours le chemin qui fixe le mieux notre mental, si instable. Il nous faut souvent avoir recours à des astuces et à un long cheminement, au travers de nos obstacles intérieurs, pour atteindre une véritable stabilité, dans le lâcher-prise. » Boris Tatsky (B T)


« l’assise ne devrait pas être considérée comme une simple techique posturale. Bien qu’elle couronne la pratique des diverses postures de hatha yoga, elle constitue davantage l’obtention d’une attitude intérieure prédisposant à la réalisation de l’état de yoga. (…) ».

B T

« Ne réalise « l’assise intérieure » que celui qui cesse de faire l’effort pour s’asseoir ». B T

Sources : Revue Française de Yoga, Postures de l’assise, n°22, juillet 2000.