Graine d'éveil

Soirée du 11 décembre 2017

« Il y a en toi plus que toi qui ne demande qu’à grandir»

Quelques définitions :

Bouddha : l'éveillé

Boddhi l'éveil : comme dans l’arbre de la boddhi sous lequel s’est assis le bouddha et sous lequel il a atteint l’éveil ou dans le terme bodhicitta “esprit d’éveil”, ou aussi le mot Boddhisatta futur bouddha encore sur le chemin de l’éveil

Bouddho la graine d’éveil : ce qui est en chacun de nous et qui va mûrir progressivement sur ce chemin de l’éveil.

Contrairement à ce que l’on croit en général, la graine d’éveil est déjà là, en attente en germination. Il n’y a pas à aller la chercher, ni même à la planter.

Dans l’exercice des “bras en apesanteur”, il vous est demandé de laisser faire, d’avoir confiance, de donner l’ordre et de laisser agir. C’est un exercice visant à faire comprendre ce qui se passe en nous. Il existe par ailleurs une méditation où Bouddho est utilisé comme un mantra.

Ajahn Chah entre autres, appelle aussi Bouddho “ce qui sait en nous”. Quand on laisse partir l’observateur en méditation. c’est Bouddho qui “prend la main”. Apprenez à lui faire confiance, à faire confiance en ce qui est en vous. Arrêtez de croire que vous devez tout maitriser et controler en méditation, et dans la vie en général d’ailleurs. Tant que vous êtes dans Samatha et une forme de concentration dont Metta, oui, vous êtes dans l’action volontaire. Pour aller vers Vipassana et surtout au-delà, laissez à Bouddho la place dont il a besoin. Lui, il sait, faites lui confiance. Ne croyez pas ce que je dis tant que vous ne l’aurez pas expérimenté par vous-même. Entrainez vous à laisser partir l’observateur.

Extraits de “Arahattamagga - La voie de l’Arahant” - Ajahn Maha Booha (traduction Jeanne Schut)

“Tandis que l’attention se stabilise peu à peu, l’esprit va cesser de prêter attention aux pensées et aux émotions négatives. Il va perdre tout intérêt pour ses préoccupations habituelles. N’étant pas distrait, il se stabilisera de plus en plus dans le calme et la tranquilité. En même temps, la respiration qui, au début, était assez grossière, va devenir plus fine au point même de disparaître complètement de votre conscience. Elle devient si subtile et fine qu’elle finit par disparaître. A ce moment-là, il n’y a pas de respiration consciente ; seule demeure la nature connaissante essentielle de l’esprit. … Jusqu’à ce moment-là, Bouddho (en tant que mantra) avait été mon point d’ancrage et, maintenant, il avait disparu ! J’essayais de toutes mes forces de retrouver ce point de concentration mais il était perdu. (...) Tout ce qui restait, à ce moment-là, c’était la nature connaissante profondément subtile du citta, une conscience pure et simple, brillante et claire. Il n’y avait, dans cette conscience, rien de concret à quoi m’attacher. … Il ne me restait qu’à concentrer mon attention sur le sentiment essentiel de conscience et de connaissance qui était omniprésent et prépondérant à ce moment-là. Cette conscience-là n’avait pas disparu ; au contraire, elle pénétrait tout. Toute l’attention qui avait été concentrée sur la répétition de Bouddho se concentra alors fermement sur la très subtile présence connaissante du citta calme et focalisé.”

L’intérêt de ce texte est la description assez claire du lâcher de l’observateur. C’est ce sur quoi il faut tendre si vous ne l’avez pas encore expérimenté, ce qui vous attend sur la route. Expérimentez par vous-même avant d’y croire. Mais pour y arriver, n’oubliez pas trois des vertus à vous appliquer à vous-même : “générosité, patience et metta”. Prenez soin de vous dans votre pratique. Ne forcez pas plus que nécessaire, quelque chose en vous sait… et ne demande qu’à grandir.

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